J’ai accouché à Sion : mon témoignage de maman et kinésiologue | Cabinet Med In Alps Conthey

Introduction : Pourquoi je partage mon histoire

Je m’appelle Julie, je suis kinésiologue au Cabinet Med In Alps à Conthey, et je suis maman de deux filles. Aujourd’hui, j’accompagne des femmes enceintes dans leur préparation émotionnelle à l’accouchement. Mais avant d’être kinésiologue, j’ai été moi-même une femme enceinte, traversée par les peurs, les doutes et les bouleversements de la maternité.

J’ai vécu deux grossesses et deux accouchements très différents. Mon deuxième accouchement a eu lieu à la maternité de Sion en février 2024, et ce fut l’une des expériences les plus puissantes de ma vie. Mais pour comprendre pourquoi cet accouchement a été si important pour moi, il faut d’abord que je vous raconte mon premier.

Je partage ce témoignage avec vous parce que je sais qu’en ce moment, certaines d’entre vous vivent exactement ce que j’ai vécu : la peur que quelque chose se passe mal, la frustration d’un corps qui ne répond pas comme on voudrait, le sentiment parfois d’être inutile ou dépassée. Je veux que vous sachiez que vous n’êtes pas seules, et qu’il est possible de transformer ces difficultés en une expérience de naissance puissante et réparatrice.

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Julie Menou, maman de 2 filles, kinésiologue en accompagnement périnatal et familial à Conthey, Valais

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Mon premier accouchement : quand le corps parle mais qu’on ne l’écoute pas

Lors de ma première grossesse, j’habitais encore en France. J’étais suivie par un gynécologue qui me faisait faire des prises de sang tous les mois, comme c’est l’usage. Mais voilà : chaque mois, mes résultats n’étaient pas bons. Et chaque mois, je posais la même question à mon gynécologue : « Est-ce que je mange quelque chose qu’il ne faut pas ? Trop gras ? Trop sucré ? Qu’est-ce que je peux faire ? » Et chaque mois, il me répondait simplement « non » sans rien expliquer, sans me dire ce qui n’allait pas dans ces résultats, sans me donner la moindre indication.

Je sentais bien que quelque chose n’allait pas, mais je n’avais aucune information pour comprendre ce qui se passait dans mon corps. Cette absence d’explications me laissait dans l’inquiétude et l’incompréhension.

Les signes avant-coureurs ignorés

Puis, au fil de la grossesse, j’ai commencé à ressentir des symptômes plus inquiétants. Mon cœur s’emballait, même quand j’étais assise tranquillement. Ce n’était pas normal, je le savais. J’en ai parlé à mon gynécologue. Il m’a alors demandé de prendre ma tension chaque jour et de noter les résultats. Mais toujours aucune explication sur pourquoi je devais faire ça, sur ce qu’il cherchait, sur ce qu’il surveillait.

À cette inquiétude physique s’ajoutaient toutes les peurs naturelles d’une future maman pour la première fois. Vais-je être une bonne mère ? Est-ce que je vais assurer ? Vais-je savoir m’occuper de mon bébé ? Ces questions tournaient en boucle dans ma tête, sans que j’aie vraiment d’espace pour en parler, pour les déposer, pour être rassurée.

Heureusement, j’avais une préparation à l’accouchement avec une sage-femme qui pratiquait l’haptonomie. Ces séances m’ont beaucoup aidée à créer un lien avec mon bébé in utero, à préparer l’accouchement avec mon conjoint. C’était un des rares moments où je me sentais vraiment accompagnée et écoutée pendant cette grossesse.

Aujourd’hui, avec mon regard de kinésiologue et ma connaissance de ce qui s’est passé ensuite, je comprends que tous ces signes étaient des symptômes de pré-éclampsie en train de se développer : les mauvais résultats sanguins, le cœur qui s’emballe, la tension à surveiller. Mon corps me parlait. Il tirait la sonnette d’alarme. Mais personne n’écoutait vraiment, personne ne m’expliquait, personne ne me préparait à ce qui allait arriver.

La nuit qui a tout révélé

À 38 semaines de grossesse, un soir, je me couche comme d’habitude. Et soudain, une douleur atroce me saisit au niveau des côtes, juste sous le sein droit. C’est une douleur comme je n’en avais jamais ressenti, une douleur qui me coupe le souffle. Mon conjoint, affolé, finit par appeler SOS Médecin, ce service qui se déplace à domicile le soir, la nuit et le week-end.

Le médecin arrive, m’examine, me fait un électrocardiogramme. Tout est normal côté cœur. Il me dit alors de prendre un paracétamol et de dormir, que ça ira mieux demain. Rassurée par l’électrocardiogramme normal, je décide de ne pas prendre le médicament et d’essayer de dormir naturellement.

Cette nuit-là a été l’une des pires de ma vie. La douleur ne passait pas. Je ne pouvais pas dormir, je ne pouvais pas trouver de position confortable. Je restais allongée, les yeux grands ouverts, à essayer de gérer cette douleur incompréhensible. Les heures s’écoulaient dans l’insomnie et la souffrance.

Au petit matin, épuisée, je demande finalement à mon conjoint de me donner un paracétamol. Puis j’appelle mon médecin généraliste. Heureusement, il accepte de me recevoir le soir même, à 18h. Quand je lui décris mes symptômes et cette nuit horrible, il ne comprend pas ce qui m’arrive. Mais une chose est claire pour lui : ce n’est pas normal d’avoir ce genre de douleur à 38 semaines de grossesse. Il m’envoie immédiatement aux urgences.

Le diagnostic d’urgence

Aux urgences, on me fait des analyses. Et là, le verdict tombe comme un couperet : je fais une pré-éclampsie. Il faut me déclencher d’urgence.

La pré-éclampsie, cette complication que personne ne m’avait préparée à reconnaître, cette maladie dont mon gynécologue ne m’avait jamais parlé malgré les signes qui s’accumulaient depuis des mois. Cette douleur atroce sous les côtes était un symptôme classique de pré-éclampsie sévère. Si j’avais attendu plus longtemps, ma vie et celle de mon bébé auraient été en danger.

Je me sentais trahie par mon corps, mais surtout par le manque d’accompagnement et d’information que j’avais reçu pendant toute ma grossesse.

L’accouchement en plein COVID

Nous étions en pleine période COVID. Les règles à l’hôpital étaient strictes et, pour moi, inhumaines : pas d’accompagnant pendant le travail. Mon conjoint ne pourrait venir que pour l’accouchement lui-même, au moment des poussées. En attendant, je devais rester seule dans ma chambre avec mes contractions, et les appeler seulement quand je serais sur le point d’accoucher.

Rester seule avec les contractions. Gérer la douleur seule. Traverser le travail seule. Puis appeler mon conjoint au dernier moment, juste pour la phase finale. C’était inimaginable pour moi.

Quand on me l’a annoncé, j’ai été catégorique. Mon conjoint avait traversé toute cette grossesse difficile avec moi. Il avait été là chaque soir après son travail pour gérer tout ce que je ne pouvais pas faire. Il avait vécu mes angoisses, mes douleurs, mon inquiétude. Il n’était pas question qu’il ne soit pas là pendant le travail, qu’il ne soit pas là quand j’aurais le plus besoin de lui.

J’ai dit clairement : « Je ne traverserai pas le travail seule. Il reste avec moi. »

Avec les hormones de grossesse et la douleur des contractions qui commençaient déjà, mon message est passé de manière très claire. L’équipe a finalement accepté qu’il reste avec moi dès le début du travail. Cette petite victoire dans un moment de grande vulnérabilité comptait énormément.

Le déclenchement et la péridurale

Le déclenchement a commencé. Au bout d’un moment, j’ai perdu les eaux. Les contractions provoquées artificiellement étaient d’une intensité que je n’avais pas anticipée. Mais ce qui me pesait le plus, c’était l’épuisement. Je n’avais pas dormi de la nuit précédente à cause de la douleur. J’avais passé une journée entière à me demander ce qui n’allait pas. Et maintenant, je devais accoucher dans cet état de fatigue extrême.

Quand on m’a proposé la péridurale, je n’ai pas hésité longtemps. Non pas parce que je ne voulais pas accoucher naturellement – c’était justement mon souhait au départ – mais parce que mon corps avait besoin de repos. J’étais vidée. Je n’avais plus la force nécessaire pour gérer les contractions du déclenchement sans aide.

La rencontre magique

Ma première fille, Eléna, est née en bonne santé. Et dès qu’on me l’a posée sur le ventre, quelque chose de miraculeux s’est produit. J’ai oublié toute la douleur. J’ai oublié tous les désagréments. J’ai oublié le manque de suivi, la nuit horrible, l’épuisement. Il n’y avait plus que ma fille et moi, dans notre bulle de bonheur.

Je la regardais et je me demandais : « Est-ce bien moi qui ai mis au monde cette beauté ? Ce petit être merveilleux ? » C’était un moment magique, absolument magique. Et ce sentiment d’amour qui m’a submergée, ce sentiment que je n’avais jamais ressenti avant dans ma vie, m’a emportée complètement.

Malgré tout ce qui s’était mal passé, malgré le manque d’accompagnement, malgré l’urgence et l’épuisement, la rencontre avec ma fille a transcendé tout le reste. L’amour maternel a balayé toutes les difficultés.

Mais quelque chose manquait quand même

Pourtant, une fois rentrée à la maison, une fois passée l’euphorie des premiers jours, un sentiment de frustration est resté. Pas vis-à-vis de ma fille, bien sûr. Mais vis-à-vis de tout ce processus de grossesse et d’accouchement.

Je ne pouvais pas m’empêcher de penser : « Et si mon gynécologue m’avait expliqué ce qui se passait avec mes prises de sang ? Et si on m’avait préparée à reconnaître les signes de la pré-éclampsie ? Et si j’avais été mieux accompagnée émotionnellement pendant la grossesse ? Est-ce que tout cela se serait passé différemment ? »

J’avais le sentiment d’avoir été spectatrice de mon accouchement plutôt qu’actrice. Les décisions avaient été prises pour moi, dans l’urgence, parce qu’on n’avait pas su anticiper. Mon corps avait parlé pendant des mois, mais personne ne l’avait vraiment écouté.

C’est cette frustration-là qui m’a accompagnée pendant des années. Non pas la frustration de ne pas avoir eu un accouchement « parfait », mais celle de ne pas avoir été informée, préparée, soutenue comme j’aurais dû l’être.

Le post-partum : quand tout s’arrête brutalement

Et puis il y a eu le retour à la maison. Nous sommes rentrés chez nous avec notre petite fille, et là, brutalement, tout s’est arrêté. Le suivi médical s’est espacé. Les visites de la sage-femme se sont raréfiées. Et nous nous sommes retrouvés, mon conjoint et moi, seuls face à notre nouveau rôle de parents.

Les interrogations étaient innombrables. Est-ce qu’elle mange assez ? Est-ce qu’elle dort trop ou pas assez ? Est-ce que je fais bien ? Est-ce que c’est normal qu’elle pleure autant ? Ou au contraire, est-ce normal qu’elle soit si calme ? Chaque décision, aussi petite soit-elle, était source d’angoisse. Nous apprenions notre rôle de parents en ayant peur de mal faire.

Et autour de nous, les avis ne manquaient pas. Les autres parents qui nous disaient comment ils faisaient, eux. La famille qui donnait des conseils non sollicités. Les livres qui se contredisaient. Les forums sur internet où chacun avait son opinion tranchée. Les jugements, subtils ou moins subtils, sur nos choix d’éducation, d’allaitement, de sommeil.

J’aurais tellement aimé, à ce moment-là, avoir un accompagnement en kinésiologie périnatale. Quelqu’un qui m’aide à me libérer de toutes ces peurs. Quelqu’un qui me permette de faire confiance à mes ressentis plutôt qu’aux injonctions extérieures. Quelqu’un qui m’aide à me délier de tout ce que disent les autres, pour me reconnecter à mon intuition de mère.

Mais cet accompagnement-là, je ne l’ai pas eu. Je me suis débrouillée, comme on dit. J’ai survécu à ce post-partum. Mais je ne l’ai pas vécu sereinement. Et c’est cette expérience-là, autant que celle de mes deux accouchements, qui nourrit aujourd’hui ma pratique de kinésiologue périnatale.

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Ma deuxième grossesse : entre peur légitime et détermination à faire autrement

Quelques années plus tard, enceinte de ma deuxième fille, tous ces souvenirs sont revenus. Mais cette fois, j’étais déterminée à vivre les choses différemment. Je voulais être accompagnée, informée, soutenue. Je voulais être actrice de ma grossesse et de mon accouchement, pas simplement spectatrice.

La peur de répéter la même histoire

La peur de refaire une pré-éclampsie est revenue immédiatement. C’était une peur légitime, fondée sur un vécu traumatique. Est-ce que j’allais refaire la même complication ? Est-ce que j’allais à nouveau être déclenchée en urgence ? Est-ce que cette fois encore, je n’aurais pas le choix ?

Mais à cette peur s’ajoutait une autre crainte, peut-être encore plus forte : celle de revivre cette sensation d’abandon médical, ce manque d’écoute et d’explications qui avait caractérisé ma première grossesse. Je ne voulais plus jamais me sentir seule face aux signaux de mon corps, sans personne pour m’aider à les comprendre.

Entre-temps, nous avions déménagé en Suisse, dans le canton du Valais. J’ai fait le choix d’être suivie directement par une sage-femme de l’hôpital de Sion pour mon suivi de grossesse, et ce choix a été déterminant pour moi. Cette sage-femme a été exceptionnelle. Elle a su m’écouter, comprendre ma peur, et me rassurer tout au long de la grossesse. Elle ne minimisait pas mes craintes liées à la pré-éclampsie, mais elle me donnait des outils concrets pour surveiller ma tension, adapter mon alimentation, et surtout pour faire confiance à mon corps.

Grâce à elle, j’ai pu vivre cette deuxième grossesse sans la peur paralysante qui aurait pu m’envahir. Mais ce n’était pas pour autant une grossesse facile.

Les difficultés physiques et émotionnelles

Physiquement, cette grossesse a été éprouvante. J’avais des douleurs qui limitaient beaucoup mes mouvements. Je ne pouvais pas porter ma première fille, ce qui me brisait le cœur chaque fois qu’elle me tendait les bras. Je ne pouvais pas m’occuper de la maison comme je l’aurais voulu. Les tâches simples du quotidien me demandaient un effort considérable, et souvent, je devais renoncer.

Mon conjoint partait travailler le matin, et le soir il devait gérer tout ce que je n’avais pas réussi à faire dans la journée. Il s’occupait de notre fille, de la maison, des repas, en plus de sa journée de travail. Je le voyais épuisé, et je me sentais terriblement coupable de ne pas pouvoir l’aider davantage.

Il m’arrivait de pleurer, seule à la maison. J’avais l’impression de ne servir à rien, d’être un poids pour ma famille au lieu d’être un soutien. Je me sentais inutile. C’est difficile à avouer, mais c’est pourtant ce que je ressentais : l’impression que mon seul rôle était de porter ce bébé, et que pour le reste, j’étais absente, incapable.

Cette frustration et cette culpabilité ont pesé lourd pendant toute la grossesse. Aujourd’hui, avec mon regard de kinésiologue, je sais que ce sont exactement ces émotions-là qu’il aurait fallu travailler. Mais à l’époque, je les portais simplement, en silence la plupart du temps.

Finalement, ma grossesse s’est très bien passée médicalement parlant. Pas de pré-éclampsie cette fois. Mais émotionnellement, « j’en avais marre ». J’avais hâte que ce soit terminé, hâte de retrouver mon corps, hâte de pouvoir m’occuper de ma famille normalement.

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Mon accouchement à Sion : un moment de puissance absolue

À terme plus deux jours, les contractions ont commencé. Nous sommes partis pour l’hôpital de Sion. En arrivant, une sage-femme m’a examinée et m’a annoncé que je n’étais pas encore assez dilatée pour accéder à la salle d’accouchement. Elle m’a conseillé d’aller marcher un moment dans l’hôpital pour aider le travail à progresser.

Nous avons donc arpenté les couloirs de l’hôpital, mon conjoint et moi, pendant ce qui m’a semblé être une éternité. Les contractions se rapprochaient, mais je devais continuer à marcher pour aider mon col à s’ouvrir. C’était difficile, mais je me concentrais sur mon objectif : accoucher naturellement, comme je le voulais depuis le début.

Après un moment, la sage-femme m’a proposé de me préparer un bain avec des huiles essentielles pour m’aider à me détendre et à gérer les contractions. Ce bain a été un moment de répit incroyable. L’eau chaude, les huiles, la pénombre de la pièce… tout contribuait à créer une bulle de calme au milieu de l’intensité du travail.

Après le bain, une dernière vérification du col a confirmé que j’étais suffisamment dilatée pour passer en salle d’accouchement. Et c’est là que tout a basculé.

en savoir plus sur la maternité : https://www.hopitalduvalais.ch/disciplines-medicales/disciplines-de-a-a-z/gynecologie-obstetrique/maternite-du-centre-hospitalier-du-valais-romand-sion

Le moment qui a tout déclenché

En entrant dans la salle d’accouchement, j’ai vu le petit landau qui attendait ma fille, avec les linges roses déjà préparés pour l’accueillir. Ce simple détail, ce landau avec ses linges roses, a provoqué en moi une vague d’émotion d’une violence inouïe.

Tout est remonté d’un coup : la grossesse difficile, la culpabilité, la frustration, l’attente, la peur, l’espoir. Je me suis effondrée dans les bras de mon conjoint et j’ai craqué complètement. Et au même moment, j’ai perdu les eaux.

C’était comme si mon corps avait attendu ce moment de lâcher-prise émotionnel pour enfin se libérer complètement. Toute la tension accumulée pendant neuf mois s’est évacuée dans ces larmes et dans la rupture de la poche des eaux.

L’accouchement dans l’eau

Une fois mes émotions exprimées, j’ai retrouvé une clarté mentale extraordinaire. J’ai demandé à retourner dans le bain pour accoucher. Les sages-femmes ont accepté sans hésitation et ont préparé rapidement la baignoire d’accouchement.

En à peine 30 minutes, ma fille Roxanne était née.

Trente minutes. Juste le temps pour les sages-femmes de préparer le bain et de revenir dans la pièce. J’ai mis au monde ma petite fille avec une puissance que je ne me connaissais pas. Ce n’était pas sans douleur, loin de là. Mais c’était une douleur que j’habitais pleinement, une douleur qui avait du sens, une douleur qui me traversait avec force et détermination.

Je savais exactement quand pousser. J’étais en connexion totale avec ma fille. Je me parlais à moi-même, je lui parlais à elle, et rien d’autre n’existait autour de nous. Mon conjoint était là, les sages-femmes étaient là, mais c’était comme si nous étions dans une bulle, Roxanne et moi. Juste nous deux, dans cette danse ancestrale de la naissance.

C’était un moment d’une intensité et d’une beauté absolues. J’ai pu vivre cet accouchement comme je le souhaitais depuis le début : naturellement, en conscience, en connexion profonde avec mon bébé.

L’intervention discrète de l’équipe

Deux jours après l’accouchement, j’ai appris que Roxanne avait le cordon ombilical enroulé autour du cou au moment de sa naissance. Je ne m’en étais même pas rendu compte sur le moment.

L’équipe était intervenue de manière discrète et rapide pour dégager le cordon dès que la tête de Roxanne était sortie, sans m’inquiéter, sans me perturber dans ma concentration. Cette intervention professionnelle et silencieuse m’a permis de vivre l’accouchement sans stress supplémentaire, tout en assurant la sécurité de ma fille.

J’ai pu faire un peau à peau très rapide avec Roxanne, puis les sages-femmes l’ont emmenée quelques minutes pour vérifier qu’il n’y avait aucune séquelle liée au cordon. Je l’ai retrouvée quelques instants plus tard, et elles me l’ont mise au sein. J’ai pu profiter de cette rencontre précieuse avec mon conjoint, tous les trois réunis, dans la douceur et l’émotion de ces premiers instants.

La connexion magique avec ma sage-femme

Après l’accouchement, alors que nous étions encore dans cette bulle d’émotion, la sage-femme qui m’avait accompagnée pendant le travail et l’accouchement m’a confié quelque chose d’incroyable.

Elle revenait tout juste de son congé maternité. C’était le premier accouchement qu’elle faisait depuis son retour. Et pas n’importe quel accouchement : un accouchement naturel, dans l’eau, magnifique. Elle m’a dit qu’elle était profondément touchée d’avoir pu vivre ce moment avec moi.

Puis elle m’a révélé qu’elle avait elle-même accouché dans l’eau à la maison de naissance de l’hôpital de Sion. Exactement comme moi. Et alors qu’on échangeait sur nos vécus respectifs, on a découvert quelque chose d’extraordinaire : nous sommes nées le même jour, le 21 novembre 1989.

Cette synchronicité était troublante et belle à la fois. Nous avions le même âge, jour pour jour. Nous avions toutes les deux choisi d’accoucher dans l’eau à Sion. Et nous venions de vivre ensemble son premier accouchement en tant que sage-femme après être devenue mère elle-même.

Ce n’était pas un hasard. C’était une de ces rencontres qui donnent du sens, qui créent un lien profond et instantané.

Le premier bain : un moment hors du temps

J’ai demandé à cette sage-femme si elle pouvait venir me voir en chambre pour faire le premier bain de Roxanne. Je voulais partager ce moment avec elle, la remercier pour la beauté de ce qu’on avait vécu ensemble, et prolonger cette connexion exceptionnelle.

Elle a accepté avec joie, et ce moment a été absolument magique.

Elle nous a proposé quelque chose que je n’oublierai jamais : envelopper Roxanne dans un linge pendant le bain, comme si elle était encore dans mon ventre. Cette technique, appelée bain enveloppé, permet au bébé de revivre la sensation de contenance et de douceur qu’il avait in utero.

Voir ma petite fille dans l’eau, enveloppée, apaisée, retrouvant cette sensation de flottement qu’elle connaissait depuis neuf mois… c’était un moment d’une tendresse infinie. Mon conjoint et moi étions là, avec cette sage-femme qui était devenue bien plus qu’une professionnelle pour nous. Nous partagions un instant suspendu, empreint de douceur et de gratitude.

Ce premier bain a été bien plus qu’un simple soin. C’était un rituel, une célébration, un pont entre le monde in utero et le monde extérieur. Et le fait de le vivre avec cette sage-femme qui nous ressemblait tant, qui avait vécu la même expérience de naissance dans l’eau, rendait tout cela encore plus précieux.

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Ce que j’ai appris de ces deux accouchements

Ces deux expériences de naissance m’ont enseigné des choses essentielles que j’applique aujourd’hui dans mon accompagnement des femmes enceintes.

Être informée est un droit, pas un luxe

Mon premier accouchement m’a appris à mes dépens qu’un suivi médical sans explication, sans écoute, sans information, peut transformer une grossesse en parcours anxiogène et solitaire. Mes prises de sang « pas bonnes » chaque mois sans que personne ne m’explique pourquoi, mon cœur qui s’emballait sans que je comprenne ce que cela signifiait, cette nuit atroce sans savoir que c’était un symptôme de pré-éclampsie sévère… tout cela aurait pu être évité si j’avais été informée.

Une femme enceinte a le droit de comprendre ce qui se passe dans son corps. Elle a le droit de poser des questions et de recevoir des réponses claires. Elle a le droit d’être actrice de sa grossesse, pas simplement patiente passive.

Aujourd’hui, quand une femme enceinte vient me voir et me dit qu’elle ne comprend pas ce que lui dit son médecin, ou qu’elle a l’impression que personne ne l’écoute vraiment, je la comprends viscéralement. Et je l’aide à trouver les ressources pour poser les bonnes questions et être entendue.

La peur a besoin d’être entendue et travaillée

Ma peur de refaire une pré-éclampsie était légitime. Elle était fondée sur un vécu réel et traumatique. Cette peur aurait pu paralyser toute ma deuxième grossesse. Mais grâce à l’écoute et au soutien de ma sage-femme, j’ai pu transformer cette peur en vigilance constructive plutôt qu’en angoisse paralysante.

Aujourd’hui, quand une femme enceinte vient me voir avec une peur liée à un accouchement précédent difficile, je comprends exactement ce qu’elle vit. Et je sais qu’il est possible de travailler sur cette peur en kinésiologie pour qu’elle ne bloque pas l’accouchement à venir.

Le corps porte ce que l’esprit ne dit pas

Mes douleurs pendant la grossesse, mon sentiment d’inutilité, mes pleurs… tout cela était l’expression physique et émotionnelle d’une charge que je portais sans la verbaliser vraiment. Je me taisais souvent, je gardais mes frustrations pour moi, je culpabilisais de ne pas être « à la hauteur ».

Avec le recul et ma formation en kinésiologie, je sais que ces émotions refoulées créent des tensions dans le corps. Si j’avais pu travailler sur ces émotions pendant ma grossesse, peut-être que j’aurais eu moins de douleurs physiques, peut-être que j’aurais vécu cette période avec plus de légèreté.

Le lâcher-prise est la clé de l’accouchement

Le moment où j’ai craqué dans les bras de mon conjoint, en voyant ce landau avec les linges roses, a été le véritable déclencheur de mon accouchement. Mon corps attendait ce lâcher-prise émotionnel pour pouvoir se libérer complètement.

C’est exactement ce que j’essaie de transmettre aux femmes que j’accompagne : l’accouchement n’est pas qu’un processus physique. C’est aussi et surtout un processus émotionnel. Quand on retient, quand on contrôle, quand on a peur, le corps se tend et l’accouchement se complique. Quand on lâche prise, quand on fait confiance, le corps peut faire son travail naturellement.

L’équipe qui vous entoure fait toute la différence

Sans ma sage-femme exceptionnelle qui m’a suivie pendant la grossesse, sans la sage-femme incroyable qui m’a accompagnée le jour de l’accouchement, sans toute l’équipe bienveillante de la maternité de Sion, je n’aurais pas pu vivre cette expérience aussi puissamment. Elles ont créé un espace de sécurité et de confiance qui m’a permis de me laisser aller complètement dans le processus de la naissance.

La synchronicité de ma rencontre avec la sage-femme de l’accouchement (même date de naissance, même choix d’accoucher dans l’eau à Sion, son premier accouchement après être devenue mère elle-même) m’a profondément marquée. Ces « coïncidences » ne sont jamais vraiment des hasards. Elles nous rappellent que nous sommes toutes reliées dans cette grande chaîne de transmission qu’est la naissance.

Aujourd’hui, je fais partie de cet écosystème de professionnels qui accompagnent les femmes enceintes en Valais. Mon rôle de kinésiologue est complémentaire à celui des sages-femmes, des gynécologues, des doulas. Ensemble, nous créons ce cercle de soutien dont chaque femme a besoin pour vivre sa maternité sereinement.

L’accompagnement ne doit pas s’arrêter à la naissance

Mon expérience de post-partum solitaire m’a appris quelque chose de fondamental : l’accompagnement périnatal ne doit pas s’arrêter à la sortie de la maternité. C’est souvent après la naissance que les femmes ont le plus besoin de soutien, et c’est paradoxalement le moment où elles se retrouvent le plus seules.

La peur de mal faire, les jugements extérieurs, les doutes sur ses capacités, la difficulté à faire confiance à son intuition… tout cela crée une charge mentale énorme pour les jeunes parents. Et cette charge n’est pas toujours reconnue ni accompagnée.

Aujourd’hui, dans ma pratique, je ne me limite pas à l’accompagnement pendant la grossesse. Je propose aussi un suivi post-natal pour aider les jeunes mamans à traverser cette période délicate. Parce que j’aurais aimé, moi aussi, avoir quelqu’un pour me dire : « Tes ressentis sont justes. Fais-toi confiance. Délie-toi de ce que disent les autres. »

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Comment la kinésiologie m’aurait aidée

Avec mon regard de kinésiologue aujourd’hui, je vois très clairement les moments où j’aurais eu besoin d’être accompagnée pendant ma deuxième grossesse.

Travailler sur la peur de la pré-éclampsie

Même si ma sage-femme de suivi m’a beaucoup rassurée pendant la grossesse, la peur était toujours là en arrière-plan. En kinésiologie, nous aurions pu identifier précisément cette peur, comprendre d’où elle venait vraiment (au-delà de l’expérience médicale), et la libérer en profondeur.

Le test musculaire aurait peut-être révélé que cette peur de la pré-éclampsie cachait d’autres peurs plus profondes : peur de perdre le contrôle, peur de ne pas être capable, peur de mettre ma fille en danger. En travaillant sur ces peurs racines, toute la grossesse aurait pu être vécue avec plus de légèreté.

Libérer le sentiment d’inutilité et la culpabilité

Ces émotions lourdes que je portais pendant ma grossesse auraient été un terrain de travail parfait pour la kinésiologie. Nous aurions pu identifier d’où venait ce sentiment d’inutilité (peut-être des mémoires d’enfance, des injonctions familiales, des croyances sur ce que doit être une « bonne mère »).

En libérant ces charges émotionnelles, j’aurais probablement eu moins de tensions physiques, moins de douleurs. Mon corps n’aurait pas eu à porter tout ce poids émotionnel en plus du poids physique de la grossesse.

Préparer le lâcher-prise de l’accouchement

Le moment de lâcher-prise que j’ai vécu dans la salle d’accouchement aurait pu être préparé en amont à travers des séances de kinésiologie. Apprendre à lâcher prise, à faire confiance à son corps, à accueillir les émotions plutôt que de les retenir… tout cela se travaille.

Si j’avais fait ce travail avant, peut-être que mon accouchement aurait été encore plus fluide, encore plus rapide, encore moins douloureux. Ou peut-être pas. Mais j’aurais eu des outils pour accompagner ce processus en conscience.

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Ce que je vous propose maintenant

Aujourd’hui, forte de mon expérience personnelle et de ma formation en kinésiologie, j’accompagne les femmes enceintes du Valais dans leur préparation émotionnelle à l’accouchement.

Séances individuelles pendant la grossesse

Nous travaillons ensemble sur :

  • Vos peurs liées à l’accouchement (douleur, complications, accouchement précédent difficile)
  • Les émotions que vous portez sans les verbaliser (culpabilité, frustration, colère)
  • Votre confiance en votre corps et en votre capacité à accoucher
  • Le lâcher-prise nécessaire pour que l’accouchement se déroule naturellement
  • Votre lien avec le bébé in utero

Je sais exactement ce que vous vivez parce que je l’ai vécu moi-même. Je ne vous parle pas de théorie, je vous parle d’expérience. Et cette expérience, couplée à mes outils de kinésiologie, me permet de vous accompagner en profondeur.

Accompagnement du couple

Si votre conjoint se sent dépassé, impuissant face à ce que vous vivez, nous pouvons également travailler ensemble en couple. Mon conjoint a été mon pilier pendant ma grossesse difficile, mais je sais qu’il a aussi porté une charge énorme. Les papas ont besoin d’être soutenus eux aussi.

Suivi post-natal si besoin

Le post-partum est une période qui mérite autant d’attention que la grossesse elle-même. C’est souvent à ce moment-là que les peurs et les doutes surgissent, que les jugements extérieurs pèsent le plus lourd, que la fatigue s’accumule.

Je propose un accompagnement post-natal pour vous aider à :

  • Faire confiance à vos ressentis de mère plutôt qu’aux injonctions extérieures
  • Vous libérer du poids des jugements (famille, amis, autres parents, réseaux sociaux)
  • Gérer la peur de mal faire et le syndrome de l’imposteur maternel
  • Traverser les moments difficiles (pleurs du bébé, difficultés d’allaitement, épuisement)
  • Trouver votre propre façon d’être mère, celle qui vous ressemble

Si votre accouchement ne s’est pas passé comme prévu, si vous avez vécu un traumatisme, si vous avez du mal à vous remettre émotionnellement, je peux également vous recevoir pour travailler sur ces blessures.

J’ai eu la chance de vivre un deuxième accouchement réparateur. Mais toutes les femmes n’ont pas cette chance. Si vous portez encore la blessure d’un accouchement difficile ou d’un post-partum compliqué, il n’est jamais trop tard pour la soigner.

Ce que j’aurais aimé avoir, je vous le propose aujourd’hui. Parce que personne ne devrait se sentir seule face à la maternité.

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Pourquoi consulter au Cabinet Med In Alps à Conthey ?

Mon cabinet se trouve au Cabinet Med In Alps à Conthey, à 10 minutes de la maternité de Sion où j’ai moi-même accouché. Cette proximité n’est pas un hasard : je connais cette maternité, je connais les équipes, je connais les salles d’accouchement. Je sais exactement où vous allez accoucher et dans quelles conditions.

Cette connaissance du terrain me permet de vous accompagner de manière encore plus concrète et rassurante. Je ne vous parle pas d’un endroit abstrait, je vous parle d’un lieu que je connais intimement.

Tarifs :

  • Séance individuelle : 120 CHF 90 minutes la première séance
  • Séance couple : 150 CHF (60 minutes)

Remboursement :

À partir de juillet / août 2026, mes prestations seront remboursées par les assurances complémentaires ASCA, RME et APTN.

cabinet médical Med In alps : https://www.medinalps.ch/

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Conclusion : Vous méritez un accompagnement bienveillant

Mon accouchement à Sion de ma fille Roxanne reste l’un des moments les plus puissants de ma vie. Pas parce qu’il s’est déroulé parfaitement selon un plan idéal, mais parce que j’ai pu le vivre pleinement, en conscience, en connexion profonde avec mon bébé et entourée d’une équipe bienveillante.

Vous aussi, vous méritez de vivre votre maternité avec cette bienveillance. Vous méritez d’être écoutée, accompagnée, soutenue.

Mais je ne suis pas là pour vous dire comment faire. Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Chaque femme, chaque grossesse, chaque famille est unique. Ce qui a fonctionné pour moi ne sera peut-être pas ce qui fonctionnera pour vous, et c’est parfaitement normal.

Mon rôle n’est pas de vous donner des réponses toutes faites ou de vous imposer une vision de la maternité. Mon rôle est de vous accompagner de manière neutre et bienveillante, tout en sachant de quoi je parle parce que je l’ai vécu moi-même. Je suis là pour vous aider à trouver VOS propres réponses, celles qui vous correspondent vraiment.

On apprend chaque jour. Chaque jour, j’apprends avec vous, avec votre vécu, avec vos questions, avec vos peurs. Et j’apprends aussi avec mon propre vécu, qui continue d’évoluer au fil de ma pratique et de ma vie de mère.

C’est cette posture d’accompagnement humble et authentique que je vous propose. Pas de leçons, pas de jugements, pas de « méthode miracle ». Juste un espace sécurisant où vous pouvez être vous-même, déposer vos peurs, exprimer vos doutes, et trouver votre propre chemin vers la maternité qui vous ressemble.

Si vous vous reconnaissez dans mon histoire, si vous portez des peurs ou des frustrations que vous n’arrivez pas à exprimer, si vous sentez que vous avez besoin d’être accompagnée émotionnellement pendant votre grossesse ou votre post-partum, je serais honorée de cheminer avec vous.

Prenez soin de vous, faites-vous confiance, et rappelez-vous : vous portez en vous une sagesse maternelle profonde. Mon travail est simplement de vous aider à la retrouver.

voir également cet article : https://terredeguerison.ch/preparer-son-corps-et-son-esprit-a-la-maternite-kinesiologie-valais/

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📍 Cabinet Med In Alps 

Route des Rottes 2 

1964 Conthey

📞 Prendre rendez-vous 

076 440 64 57

🕐 Horaires 

Lundi, mardi, jeudi, vendredi : 8h-18h 

Samedi sur demande

🚗 Accès 

Parking gratuit devant le cabinet 

10 min de la maternité de Sion / 15 min de Martigny

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Julie Menou 

Kinésiologue | Maman de 2 filles 

Accompagnement conception, grossesse & parentalité

J’ai vécu ce que vous vivez. Je sais comment vous aider.